Olivier Hermouet : la force tranquille !

Publié le par © Fred

Passionné de running depuis tout petit, Olivier Hermouet aurait pu voir ses rêves de course à pied s’envoler à la suite d’une infection respiratoire qui le frappe en pleine adolescence ! Consciencieux, travailleur et armé de courage, il va pourtant prendre le dessus. Depuis, il ne cesse de courir et ce, en parfaite harmonie avec sa vie professionnelle et familiale. Et si de sa posture droite et atypique se dégage une certaine facilité ou tranquillité, c’est un leurre : Olivier court vite. Oui, Olivier, c’est la force tranquille ! Interview.

 

 

La course à pied et toi, c’est une veille histoire…
Effectivement. Tout petit, j’aimais déjà courir. L’un de mes jeux favoris consistait d’ailleurs à faire des tours de maison, en essayant chaque fois de battre le temps réalisé la fois précédente ! Vers l’âge de 10 ans, j’ai essayé d’intégrer le club local d’Arpajon (l’ESR Arpajon, aujourd’hui rebaptisé ACA) mais les dirigeants m’ont considéré trop jeune. Aujourd’hui, tous les clubs d’athlétisme prennent les enfants à partir de 7 ou 8 ans, les temps ont changé !

 

A quand remontent alors tes débuts en club ?
J’ai intégré l’ESR Arpajon à l’âge de 12 ans, en benjamin 2eme année. Depuis, je n’ai jamais arrêté, excepté pendant mes 2 années de classes préparatoires aux grandes écoles et durant mon année de service militaire.

 

Des souvenirs de tes débuts ?
Je me souviens que les deux premières années, j’étais presque toujours sur les podiums, en particulier en cross !

 

Et puis tout a failli s’arrêter….
Oui, effectivement. Après une grave pneumonie à 14 ans, j’ai perdu une partie de ma capacité respiratoire. Pour les médecins, il n’était alors plus question de pratique sportive et encore moins de compétitions de course à pied. J’ai, malgré tout, pu reprendre. Je n’étais plus sur les podiums et plutôt loin derrière mes anciens copains et adversaires. Mais la course à pied, c’est avant tout un loisir et une passion que j’ai pu vivre durant toute ma période étudiante en école d’ingénieur.

 

Avant de rejoindre le club de Cergy…
Oui, après quelques années en province, je suis à l’EACPA depuis mon retour en région parisienne il y a maintenant 15 ans. C’est un grand club, avec des entraineurs compétents et surtout des partenaires d’entrainement.

 

C’est important pour toi le collectif ?
Je suis toujours partant pour participer à un relais ou monter une équipe. Avec l’EACPA j’ai couru 3 fois le marathon relais du Val de Marne, une fois celui de St Quentin en Yvelines  et nous participons régulièrement à des Ekiden. En course à pied, si les performances sont individuelles, les joies sont avant tout collectives.

 

Comment conjugues-tu course à pied et boulot ?
Je travaille dans la filtration industrielle pour la société W.L. Gore surtout connue pour ses produits textiles Gore-Tex® et Windstopper®. Je suis souvent en déplacement en France ou à l’étranger et j’essaye toujours de trouver un moment pour aller courir. Quand je ne suis pas en déplacement, je travaille de chez moi. Je vais alors courir à l’heure la plus adaptée à mes contraintes du moment, qu’elles soient professionnelles ou familiales.

 

Justement, quid de la vie perso ?
Je suis avec mon épouse depuis 1986 ! Elle m’a connu avec la course à pied et elle sait que cela fait partie de mon ADN ! Lorsque je travaille depuis mon domicile, je cours souvent en « temps masqué » : je suis à la maison lorsque ma femme part travailler et je suis à la maison lorsqu’elle rentre. Je ne fais quasiment pas de compétitions le samedi qui est réservé aux activités de mes deux enfants et de mon épouse. De son côté, elle a aussi sa passion : la danse, qu’elle pratique plusieurs fois par semaine.

 

As-tu un modèle en course à pied ?
Non, pas vraiment. Je suis fasciné par l’engagement de certains, par la longévité dans les performances d’autres. Peut-être Alain Mimoum pour son histoire, son palmarès et surtout parce qu’il continuait à courir à plus de 70 ans avec toujours autant d’envie et de passion. J’aimerais garder la condition physique pour pouvoir faire de même.

 

Comment te vois-tu dans 10 ans ?
Comme aujourd’hui, mais avec 10 ans de plus ! Je n’imagine pas arrêter la course à pied. J’espère que dans les prochaines années nous aurons une très forte équipe V2 et qu’ainsi nous pourrons nous fixer des objectifs par équipe ambitieux, garder un état d’esprit de compétiteur et toujours avec cette même envie qui nous anime.

 

Ton plus beau souvenir en compétition ?
Il y en a plusieurs mais le plus beau est probablement mon 1er marathon à New York en 1996 avec mon entreprise et mes collègues. A l’époque je ne dépassais jamais 1h30 à l’entraînement et même si je courrais le semi marathon en 1h16, je partais dans l’inconnu. La veille de la course, j’avais tellement marché pour visiter la ville que j’avais des courbatures. J’avais pour objectif de faire moins de 3h. J’ai commencé à avoir mal aux jambes au 25eme kilomètre et suis passé en 1h58 au 30ème km. J’ai terminé les derniers km avec une kenyane qui était, comme moi, carbonisée. Les faux plats ressemblaient à des côtes mais impossible de s’arrêter avec la ferveur des milliers de spectateurs qui m’encourageaient. Temps final : 2h54. J’avais tellement mal aux jambes que je ne pouvais même pas monter un trottoir mais j’avais fait mieux que mon objectif ! La satisfaction transcendait la douleur.

 

Le pire ?
Probablement le marathon de Nantes, le seul couru en plus de 3h. J’ai alterné marche et course lente du 30ème km à l’arrivée pour terminer en 3h17. Autre souvenir, beaucoup plus vieux cette fois : en cadet, une qualification par équipe en cross ratée de 1 point !

 

J’ai le sentiment que la course à pied, c’est comme une grande famille pour toi. Je me trompe ?
Pour moi, il s’agit plutôt d’une communauté. Mais si je repends l’image de la famille, je dirai que tous les coureurs portent le même nom. Ceux que je connais sont mes cousins et ceux avec qui je m’entraine, sont comme mes frères

 

Profil :

Age : 47 ans

Taille : 1m66

Poids : 54kg

Nombre d’entrainements hebdomadaire : 4 à 6

 

Objectifs 2014 :

10km sous les 35’

Championnats de France Ekiden (16 mars)

Championnats de France du 10km à Valenciennes (13 avril)

 

Records

3000m : 9’41 à l’Isle d’Adam en 2013

5000m : 16’45 en à Taverny en 2009

10km : 34’08 à Morlaix en 2006

Semi : 1’16’10 à Echirolles en 1996

Marathon : 2h46’20 à Paris en 2004

 

Merci à Michaël Schwab pour le montage photo "La force tranquille" (son blog : www.images-paris.com)

Olivier Hermouet : la force tranquille !
Olivier Hermouet : la force tranquille !
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