Retour sur piste !

Publié le par © Fredrun

Dimanche 25 octobre : me voilà de retour pour un 5000 mètres sur piste. C'est au stade Alain Mimoun de Noisy-le-Grand que se déroule le meeting. Alain Mimoun, ce soldat qui a connu la guerre. Cet enfant de la République, né en Algérie. Un beau symbole en ces heures sombres...

Ma dernière course sur le tartan remonte à plus de cinq ans. Qu’importe. En ce premier dimanche automnal, si je pars au combat, c’est en hommage et en mémoire d’un homme, d’une ville meurtrie. Je foule la piste, encore détrempée mais tout de même moins glissante qu’en matinée après les séries du 10 000m et 3 000m.

Mes pointes restent dans le coffre de la voiture. Je décide de chausser mes Skechers Razor, très légères. Elles épargneront davantage mon tendon d'achille légèrement sensible depuis plusieurs semaines. Mon talon d’Achille d’ailleurs : mon inexpérience sur la distance, mon unique et seul 5000m remontant à près d’une décennie. Pas grave. Je croise Alain Lachiver, sociétaire de l’AS Poissy qui me confie ambitionner les 17’45’’. Parfait pour moi qui aimerait descendre sous les 18 minutes ; ce sera donc mon lièvre ! Sur la ligne de départ, je lève les yeux au ciel et dédie cette course à Samuel.

Au coup de pétard, je m’élance et me cale parfaitement derrière Alain. Le tempo semble bon : 3’33’’ au premier 1000m puis 7’45’’ au 2ème kilo. Sans m’en rendre compte, la cadence faiblit et, peu avant le passage du 3000m (en 10’48’’), je suis surpris de voir Alain abandonner. Je me retrouve seul, entre deux groupes. Il va me falloir plusieurs centaines de mètres pour parvenir à revenir sur le groupe devant.

La cloche salvatrice retentit. Dernier tour de piste. De nouveau, je lève les yeux au ciel. Pour lui. Résister. La course est une arme. Une arme contre ceux qui pensent détenir la vérité. Contre les ignorants. Contre ceux qui veulent nous opposer. L'adversité ici reste tout simplement sportive. Alain Mimoun, cet amoureux de la France qui fut médaillé olympique... Les valeurs de l’Olympisme résonnent en moi : amitié, respect et excellence.

J’allonge la foulée mais l’objectif de descendre sous les 18’ n’est pas atteint. Je franchis la ligne après 18’08’’de course. Je suis malgré tout heureux d’avoir pu vivre un tel moment, trop rare en cette année 2020…

Après un léger footing de récupération, je peux quitter les lieux, avec le sentiment du devoir accompli

©Jean-Yves Quemener et Joel Ducrot
©Jean-Yves Quemener et Joel Ducrot
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©Jean-Yves Quemener et Joel Ducrot
©Jean-Yves Quemener et Joel Ducrot
©Jean-Yves Quemener et Joel Ducrot
©Jean-Yves Quemener et Joel Ducrot
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