Frères d’armes !

Publié le par © Fredrun

Dimanche 20 février. Théâtre des opérations : le parc de Bicheret à Chessy. Mission : accomplir les ½ finales des championnats de France de cross.

Ma stratégie de course est simple : partir à l’abordage dès le coup de pétard. Je n’ai rien à perdre donc autant prendre les devants ! Pourtant, c’est bien le scénario inverse qui va se passer. Nous sommes près de 250 Vétérans à nous élancer comme des dératés ! Mais après quelques secondes de course, c’est l’embuscade ! Me voilà pris dans un étau, impossible de faire marche arrière. Je chute. Je reçois un coup de pointes en haut de la cuisse. Le coup est rude. Pourtant, pas le temps de tergiverser. A la guerre comme à la guerre ! Je me relève. Je n’ai jamais capitulé sur aucune des centaines de batailles que j’ai livrées. Pas aujourd’hui que cela arrivera !

On appréciera la beauté du plongeon ! :-)

On appréciera la beauté du plongeon ! :-)

J’aperçois alors Thomas Jauffret, un athlète de l’AS Poissy. Il boite. Je comprends qu’il a lui aussi été touché. Mais pas coulé ! Lors des précédents tours qualificatifs, il a toujours fini devant moi.  On court sous les mêmes couleurs du Grand Paris Seine Oise (GPSO) et on va batailler ensemble pour revenir dans le peloton. Les gradés sont déjà loin devant mais qu’importe. Comme disait Socrate, « la chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé ».

9500 mètres sont à parcourir, alternant bourbiers, passages sur terrains secs, côtes et faux plats. Après quelques hectomètres, Thomas me repasse devant. Je m’accroche comme je peux et le garde dans ma ligne de mire. Pas question de le laisser filer. Je peux compter sur les encouragements des uns et des autres, ca donne du baume au cœur !

Remonter comme on peut...Remonter comme on peut...Remonter comme on peut...

Remonter comme on peut...

Je franchis finalement la ligne d’arrivée en 131ème position après 39’26’’ de combat. Certains ont capitulé, pas Thomas qui a fini une vingtaine de secondes devant moi. Je le retrouve à l’arrivée. On échange et constatons nos blessures. Je découvre alors qu'il est doté d'un mental comme je les apprécie tant chez les coureurs, un mental de winner ! (lire article publié en 2016).

j’étais bien motivé au départ, je comptais suivre Sébastien Dray du GPSO, c'était l’objectif de départ. Mais ça c'était avant les chutes en cascade et le drame lol ! Après boitage sur 400m et se retrouver en queue de peloton c'est particulier et frustrant au départ mais ensuite tu passes en mode combattant, tu oublies la douleur et tu remontes place par place malgré le parcours très exigeant et l’influx nerveux laissé au départ. On lutte, que ce fut dur mais il n’était pas concevable d’abandonner !

Thomas Jauffret

Alors certes la bataille fut rude. Certes, le scénario fut compliqué, mais dans notre malheur commun, j’ai trouvé un frère d’armes qui partage les mêmes valeurs : le courage, la générosité et l’abnégation, toutes ces valeurs que l’on retrouve chez les crossmen ! (lire article publié en 2015).

Du courage et de l’abnégation, il  m’en aura fallu le reste de la journée. Arrivé aux urgences à 13h45, je n’en sortirai que 9 heures et 5 points de suture plus tard ! Place maintenant au repos forcé mais je retournerai au combat... avec mon frère d’armes !

Voir les résultats

Frères d’armes !
Frères d’armes !
Ma blessure à l'arrivée...

Ma blessure à l'arrivée...

et celle de Thomas !

et celle de Thomas !

Frères d’armes !

Publié dans Courses

Commenter cet article

R
Dur dur !! Tu as bien du courage d'avoir persévéré Fred, bravo !!
Répondre
©
Merci Rodrigo ! :-)