Courir avec les Kényans

Publié le par © Fred

couriravecleskenyans-copie-1.jpg"À la découverte des secrets des coureurs les plus rapides du monde". Voilà ce que propose  Adharanand Finn, l'auteur anglais de cet ouvrage. Je me suis donc procuré ce livre, non pas par prétention de vouloir rivaliser avec les kenyans, mais pour mieux comprendre d'où vient leur incroyable force.

Pitch : Lorsque Adharanand Finn prend la décision d’emmener sa famille au Kenya, c’est à peine s’il prend encore le temps de courir chez lui. Le coureur anglais et les athlètes kényans vont partager six mois sublimes et douloureux. Des camps d’entraînement de haut vol aux repas frugaux à base d’ugali, des lourdes chaussures de course à la course pieds nus, des petites filles blanches aux enfants du pays, des défis toujours plus grands s’imposent à Adharanand et à sa famille. L’objectif au bout du chemin : le marathon de Lewa, réputé l’un des plus éprouvants au monde, au coude à coude avec les champions olympiques et plus grands recordmen de la discipline.  

 

Véritable hommage une nation de coureurs d’élite, ce livre est à la fois carnet de notes, récit de voyage, compte rendu d’un projet fou dont les acteurs, tous bien réels, tous fascinants, et vous donneront plus que jamais, envie de (re)chausser vos runnings !

 

Certains passages du livre sont criants de vérité. En voici quelques-uns que je souhaitais vous faire partager.


 

Adharanand-Finn.jpg« Je ne cesse de me répéter qu’un jour je m’entraînerai d’arrache-pied et courrai vraiment vite. Je ne sais pas ce que cela veut dire au juste : le marathon en moins de trois heures peut-être ? Mais les années passent. Chaque fois que je vois à la télévision un athlète de plus de 35 ans gagner une grande compétition, je me dis qu’il y a encore de l’espoir. Ce n’est pas que je me sois fixé un but particulier ; je veux seulement ne pas avoir à regretter un jour de ne pas avoir mis toutes les chances de mon côté pour tirer le maximum de mon talent. »

 

« Courir est comme se soûler, mais à l’envers. Quand on boit, on se sent bien au début, très mal ensuite. Quand on court, on se sent d’abord très mal, puis très bien quand on a fini. »

 

« Même si vous ne devenez jamais champion olympique ou ne réussissez pas à participer à des compétitions à l’étranger, ici (au Kenya), le seul fait d’être un athlète semble vous élever au-dessus du chaos de la vie quotidienne. Cela fait de vous quelqu’un sortant de l’ordinaire, qui s’est engagé dans une voie et s’y consacre ».

 

« Presque tous les Kényans courent de manière fluide et élégante pointe d’abord, comme s’ils étaient pieds nus. Les chaussures, semble-t-il, ne changent rien ».

  

« Juste avant de partir (s’entraîner), il est parfois difficile de se rappeler pourquoi on le fait. Il faut souvent vaincre le vague sentiment que tout ça est vain, mettre ses chaussures, se dire que peu importe que cela semble dénué de sens pour l’instant et qu’ensuite on sera content d’avoir couru. C’est seulement après que la course prend son sens, même si alors il est difficile d’expliquer rationnellement pourquoi. Après avoir couru, on a le sentiment de ne faire qu’un avec le monde, comme si un besoin inné indéfini avait été satisfait. »

 

« L’harambee est une tradition kényane en vertu de laquelle une communauté entière pratique l’entraide. Cela veut dire « travaillons ensemble », la devise officielle du Kenya. Quand un athlète gagne une médaille ou une somme d’argent importante, il réfléchit au parcours qui l’a conduit jusque-là et se rend compte que personne ne réalise quoi que ce soit sans l’aide et le soutien de ceux qui l’entourent ».

 

« A l’école, nous effectuons tous les exercices pieds nus. En Occident, on met des chaussures aux pieds des enfants avant qu’ils sachent marcher. Que leur apprend-t-on ainsi ? Nous leur apprenons que le sol est dangereux, qu’ils ont besoin d’en être protégés. Alors que les petits Kényans peuvent sentir le sol, la terre ; leur rapport à elle est donc meilleur. Ils apprennent à poser le pied avec précaution quand ils courent et ne se blessent pas. Ils apprennent à atterrir en douceur, avec légèreté ; ils glissent sur le sol au lieu de le heurter. »

 

« Peut-être est-ce pour satisfaire ce besoin viscéral que coureurs et joggers se lèvent tous les matins et arpentent les rues de villes du monde entier. Pour sentir au creux de l’estomac s’éveiller quelque chose de primitif. Pour se sentir « un peu sauvages ». Courir n’est pas vraiment amusant. Ca fait mal. Ca exige un effort. Demandez à n’importe quel coureur pourquoi il court, il vous regardera sans doute avec un sourire amusé et vous répondra : « Je n’en sais rien ». Mais quelque chose le pousse à continuer. »


« Les Kenyans disent toujours en plaisantant que c’est l’ugali qui les rend si rapides. Ca n’est pas aussi tiré par les cheveux qu’il y paraît. Si, à lui seul, l’ugali n’est pas le secret des coureur kényans, c’est une petite pièce du puzzle. Au même titre que l’enfance physiquement éprouvante, en perpétuel mouvement, du Kényan typique dans les campagnes, l’altitude, le fait de courir pieds nus et la forte détermination, l’alimentation des athlètes joue aussi un rôle. »

 

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Maxence Rigottier 26/01/2013 05:23


Salut Fred,


Il me reste plus que un ou deux chapitres à lire. Ce livre est fascinant. Le symbole de la vache est important. Quand tu as de l'argent, dans les campagnes Kenyanes, il faut avoir sa vache. C'est
marrant.


Bref, la culture de courir est tellement important là-bas. Je comprends pourquoi les Kenyans sont si forts.


Une autre chose marrante, en France, on se pose la question des chaussures minimaliste et eux, ils veulent des runnings toute neuve (signe de richesse). C'est sympa de voir les différentes
cultures.


A très vite.


Bon week-end.


Maxence

© Fred 29/01/2013 15:08



Salut Maxime,


merci à toi de m'avoir fait découvrir ce livre à travers ton blog !


@ bientôt,


FRED