Hugo Pelletier : « le club m’a porté à bout de bras ! »

Publié le par © Fredrun

Il était redouté sur tous les tatamis. Désormais c’est sur piste, route ou cross qu’il fait des ravages ! Hugo Pelletier ne court que depuis trois ans que déjà ses performances individuelles impressionnent. Pourtant, c’est bien le collectif qu’il prône et qui lui a été salvateur. Interview d’un jeune coureur en devenir !

 

En 2015, tu as troqué le kimono pour les running. Pourquoi ?

J’ai effectivement pratiqué le judo pendant 13 ans jusqu’à décrocher la prestigieuse ceinture noire. J’ai alors considéré que c’était le bon moment pour passer à autre chose. Vu que je courais déjà en parallèle de ma pratique du judo et que j’aimais ça, j’ai décidé de me lancer dans ce sport en rejoignant l’EACPA.

 

Avec des débuts compliqués…

Oui, c’est une période où j’avais des soucis de santé mais je tenais tout de même à venir régulièrement aux entraînements même si je savais que je ne pouvais performer en compétition. Je voyais du monde et c'était surtout ça qui m'intéressait. Cette année-là, j’ai d’ailleurs vécu ma plus grande déception de sportif. C’était lors des interclubs. J’ai dû remplacer au pied levé un athlète blessé. Moi aussi j’étais blessé et malgré mes pépins de santé, je me suis tout de même aligné sur 3000m steeple, sans préparation. Il faisait très chaud et j'ai dû être arrêté par mon entraîneur car je faisais un malaise. Ce jour là, c’était plus que de la déception ; c'était de la honte. J'avais honte de n’avoir pu aller jusqu’au bout et d’avoir pénalisé mon club. Ce fut très dur à digérer et à assumer.

 

Mais plus récemment, ce sont aussi les interclubs qui t’ont fait connaitre ta plus grande joie…

Oui, c’était cette année, en mai. Ce jour là j'ai couru en équipe 1 et on est monté en élites. Je me souviens que tous mes potes sont venus me voir alors que j'avais à peine franchi la ligne ! Ce fut un moment très fort pour moi et quelque part, j’ai eu le sentiment à ce moment là de m’être un peu rattrapé au regard de ma piètre prestation réalisée deux ans auparavant.

 

Mais revenons en arrière. Que s’est-il passé ce 19 mars 2017 ?

J’ai couru les 10km d'Aubergenville et j’ai pris une énorme claque (40’50’’). Je me suis alors dit qu'il fallait que je réagisse. J'ai pris les choses en main avec mon médecin et en quelques semaines, je suis parvenu à redescendre à 37'30’’ sur 10km avant de réaliser 33'30’’ en novembre à la Ronde d’Ermont. C’est là que je me suis rendu compte que je n’étais pas si mauvais !

 

Quel rôle a joué le club dans ta progression ?

Le groupe a été très important pour moi, il m'a porté à bout de bras pour m'aider à me sortir d'une mauvaise passe. Avec Philippe Favreau comme coach, on a quelqu'un qui arrive à faire progresser tous ses athlètes en restant humainement très proche de nous. On forme un groupe ultra soudé avec des athlètes de tous niveaux. On se tire tous vers le haut, que ce soit à l'entraînement comme dans la vie à côté. Avec un groupe comme le nôtre, on doit se serrer les coudes et avancer ensemble. Si on bosse ensemble on avancera tous, et c'est ce qui se passe. Malgré nos différences, nos disciplines, on s'entraide et c'est ce qui fait la force de notre groupe aujourd'hui.

 

Justement, as-tu un « partenaire particulier » au club ?

Oui, j'entretiens un rapport particulier avec Yann Lombardot. C'est incontestablement le meilleur demi-fondeur du club avec de très bonnes références du 1500m au marathon. Je le croyais intouchable il y a encore quelques mois. Mais, petit à petit, je progresse et je crois qu’il va avoir du souci à se faire ! J La concurrence entre nous est très saine ; cela créé une certaine émulation positive.

 

Combien de fois par semaine t'entraines tu ?

Pour une semaine classique, je suis à 11 entraînements par semaine : 1 séance musculaion, 1 séance PPG, 2 séances de piste, une séance de cotes, 2 fartlecks, une sortie longue et 3 footings cool. Cela correspond à un volume d'environ 100-120km.

 

Comment parviens-tu à t’entrainer autant ?

Actuellement, je suis en Master 2 Droit privé à l'université. Je m'entraîne donc le matin tôt avant d'aller en cours et le soir. Certes c'est de l’organisation mais je sais pourquoi je le fais, donc ça ne me dérange pas, au contraire c'est un pur plaisir !

 

Tu as récemment signé un très bon chrono sur semi. C’est de bon augure…

Oui, c’était à Boulogne, je voulais me tester sur la distance et j’ai réalisé que je suis plus à l’aise sur le long. Dès l'échauffement je me sentais bien et ça s'est confirmé pendant la course. Je ne me suis pas posé de question et j'y suis allé, tout en restant prudent car c'était mon premier semi. A l'arrivée, ce fut une réelle satisfaction, d’autant que des personnes qui comptent vraiment pour moi, étaient présentes pour m’encourager. Je pense que je vais me tourner vers ces distances maintenant tout en continuant à bosser ma vitesse.

 

D’ici là, faudra passer par la saison de cross qui va bientôt débuter. Quel est ton objectif ?

Je considère la saison de cross véritablement comme une préparation pour la suite de la saison. Ça me permet de me frotter à de très bons coureurs et de bosser mon mental qui est l'un de mes principaux défauts en compétition ! D’un point de vue collectif, on va pouvoir monter une belle équipe, ça va être sympa !

 

Que t'apporte la course ?

La course à pied m'a permis de me relever d'une situation qui était compliquée. Aujourd'hui je cours avant tout par plaisir mais avec toujours au fond de moi la volonté de prendre une revanche d'une certaine manière. Je veux montrer qu'avec de la volonté on peut faire de belles choses, et que même si la situation semble mal embarquée on peut redresser la barre. Je veux montrer à des gens qui ne croyaient pas forcément en moi qu'ils ont eu tort.

 

As-tu un « modèle » ?

Oui, il y a en deux. Fadouwa Ledhem qui a rejoint notre groupe l'année dernière. Même si elle fait du haut-niveau, c'est une athlète très simple. Elle est toujours là pour moi, on parle beaucoup. C'est un exemple de ténacité et d'abnégation. Quand on connaît son parcours on ne peut qu'être admiratif.

 

Et le second ?

Il s’agit de Tesfey Bezabih, un athlète qui a côtoyé le top niveau mondial sous les couleurs de l'Ethiopie. Le décrire en deux mots ? Gentillesse et humilité ! C'est la personne la plus humble et la plus bienveillante que je connaisse. Il me donne beaucoup de conseils et suit mes résultats de près. Il me promet un bel avenir, j'espère que ce sera le cas. En tous cas, je ne souhaite qu’une seule chose : qu’il soit fier de moi !

 

Dernière question : si je pouvais exhausser un de tes vœux, quel serait-il ?

Courir pendant encore très longtemps, atteindre mes objectifs et si possible, avec les mêmes personnes autour de moi. Oui, que toutes ces personnes que je côtoie au quotidien au sein du club aient la même progression, ce serait top !

 

Ses records

32'50'' sur 10km et 1h11'35'' sur semi.

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