Courir

Publié le par © Fred

Tel est le titre, simple, éloquent, mais tellement suffisant, du magnifique roman de Jean Echenoz consacré à l’athlète tchèque Émile Zatopek.

 

Un peu plus d’une centaine de pages que l’on dévore à toute vitesse, à l’image finalement de cet athlète hors du commun. La « locomotive » tchèque a pulvérisé tous les records d'endurance durant près deux décennies ! Pourtant, chose difficile à imaginer, on apprend dans ce livre qu’Emile n’aimait pas le sport ! Il travaille, depuis l’âge de 16 ans, dans une usine de chaussures. Par un concours de circonstance, et un peu malgré lui, sa société décide en 1940 de le faire participer à une course dont elle est le sponsor. Il ne finit que deuxième mais c'est pour lui une révélation... et le début d'une carrière sportive. Et quelle carrière ! 4 médailles d’or aux Jeux Olympiques, deux en argent, 3 médailles d’or aux championnats d’Europe, 18 records du monde, etc. La liste aurait pu être bien plus longue si Emile n’avait pas été victime de la répression soviétique. Le pouvoir communiste en place ne lui délivre en effet des visas qu'au compte-goutte, l’empêchant parfois de participer à des courses de l'autre côté du rideau de fer !

 

Si vous n’avez pas encore lu le bouquin, filez à toute allure vous le procurer ! Sous la plume d'Échenoz, ce livre est écrit dans un style simple, clair et de courtes phrases. Vous apprendrez à connaître Zatopek, cet homme qui a accumulé records et médailles en courant n'importe comment, sans style, la tête bringuebalant sur le côté, sans méthode, au grand dam des entraîneurs et docteurs sportifs.

 

Vous découvrirez surtout un homme comme les autres, un gars simple, d'un milieu ouvrier, toujours souriant et d’une grande générosité. Membre du parti communiste, ses protestations publiques contre le régime soviétique le desserviront. Radié de l'armée et forcé à faire son autocritique, il est exclu du parti communiste et condamné à ne pouvoir exercer que des métiers manuels : il sera éboueur dans les rues de Prague puis envoyé dans les mines d'uranium !

 

Qu’importe, ce que l’on retiendra d’Emile Zatopek, c’est sa domination sans partage et son invincibilité sur 10 000 mètres, distance sur laquelle il restera invaincu entre 1948 et 1954, remportant 38 courses. Tout cela sans dopage, sans cachet astronomique, sans sponsoring, sans rien d’autre que sa joie de courir

 

Courir

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Maxence Rigottier 13/08/2013 16:40

Bonjour Fred,

Merci pour ce récit sur Zapotek. Bravo pour cette chronique du livre. ;)

Bertrand 15/07/2013 15:52

Intéressant tout ça, vais aller faire un tour chez le libraire